Des journées consacrées à Manuel Azaña et aux républicains espagnols, aux souvenirs et à la mémoire... La conférence s'est dérouler les 3 et 4 novembre 2006 à Montauban. Les deuxième journées se sont dérouleront à Montauban les 2 et 3 novembre 2007.Le prochain colloque se tiendra à Montauban les 23, 24 et 25 octobre 2008
Association Présence de Manuel Azaña
Manuel Azaña à Montauban
Le 1er ou le 2 juillet 1940,
l’arrivée de Manuel Azaña à Montauban constitue une des innombrables conséquences
de l’invasion de la France par l’armée allemande et de l’armistice conclu
par le gouvernement de Pétain. En effet l’ancien président espagnol, qui
séjournait au Pyla-sur-Mer depuis novembre 1939 en compagnie de son épouse
et de la famille de son beau-frère Cipriano de Rivas Cherif, doit quitter
ce lieu pour éviter de rester dans la zone occupée. En raison de son état
de santé, le laissez-passer délivré par la préfecture de la Gironde lui
permet de partir en ambulance, le 25 juin, accompagné de sa femme, de
son médecin, le docteur Gómez-Pallete, et de leur employé Antonio Lot.
Ils doivent accomplir un long détour pour se rendre à Montauban, les routes
étant encombrées par les mouvements de troupes, les obligeant à faire
une halte de quatre ou cinq jours à Périgueux avant de reprendre la route.
A Montauban ils ne peuvent compter que sur un asile temporaire : le docteur
Cabello, collègue et ami de Gómez-Pallete, a proposé de leur faire place
dans l’appartement mis à sa disposition par le docteur Honoré Cave, lui-même
mobilisé. C’est donc là, 35 rue Michelet, au premier étage, que les fugitifs
trouvent refuge en compagnie d’autres réfugiés espagnols. Dans leur esprit,
ce séjour à Montauban doit être de courte durée, avant de trouver un refuge
plus sûr, qui dans l’esprit de Madame Azaña pourrait être le Mexique.
Mais les événements en décident autrement.
Le 17 juillet, , apprenant l’enlèvement de Cipriano de Rivas Cherif,
qui était resté au Pyla, par des agents de Franco en liaison avec la Gestapo,
Azaña se rend à la préfecture et obtient le concours du préfet pour alerter
la légation du Mexique en France sur le sort de son beau-frère. Le 27,
il parvient à dicter une lettre à Pierre Laval, pour lui demander d’assurer
la protection de la famille Rivas Cherif et de trouver lui-même une « seconde
patrie » en France – lettre à laquelle Laval oppose une fin de non-recevoir.
Le 1er août, il est frappé par un
accident cérébral qui le contraint à ne plus quitter sa chambre. Dans
les derniers jours du mois d’août, devant libérer l’appartement qui les
abrite, Azaña et sa femme finissent par envisager de se rendre à Vichy
où le chef de la Légation du Mexique, Luis I. Rodríguez, propose de les
prendre sous sa protection.
Le 15 septembre, arrivant à Montauban pour
les emmener à Vichy, Luis I. Rodríguez apprend de Madame Azaña que le
préfet de Tarn-et-Garonne lui a signifié la veille que son mari et elle-même
sont assignés à résidence et ne peuvent pas quitter Montauban. Il décide
alors de les transporter à l’Hôtel du Midi, aux frais et sous la protection
de la République du Mexique, laissant à leurs côtés trois membres de la
Légation. Le 16, à peine installé, Azaña est frappé par un nouvel accident
cérébral, qui le laisse entre la vie et la mort. Le docteur Pouget, médecin
montalbanais, se charge de prescrire les soins qui lui sont apportés.
Dans les jours qui suivent, des agents espagnols, dirigés par un certain
Urraca, séjournent à l’Hôtel du Midi, afin de préparer l’enlèvement d’Azaña…
Le 15 octobre, le docteur Gómez-Pallete,
qui n’avait pas quitté le malade, se suicide dans sa chambre d’hôtel à
la suite d’une déception amoureuse. On cache ce drame à Azaña, dont l’état
paraît s’améliorer un peu les jours suivants.
Le 28 octobre, Madame Azaña, apprenant la condamnation
à mort de son frère Cipriano (prononcée le 21 à Madrid), accompagnée de
Sœur Ignace, religieuse qui s’était présentée à elle, rend visite au nouvel
évêque de Montauban, Monseigneur Théas, pour lui demander d’intercéder
auprès du gouvernement de Franco. L’évêque accepte et se rend le lendemain
à l’Hôtel du Midi au chevet d’Azaña.
Le 31 octobre, Azaña perd connaissance et tombe
dans le coma. Le même jour, on signale l’arrivée à Montauban de l’ambassadeur
d’Espagne, Félix de Lequerica, venu tenir une réunion secrète pour mettre
au point l’enlèvement de l’ancien président.
Le 3 novembre, peu après 23 heures, Azaña expire,
en présence de sa femme, de ses proches – dont le général Juan Hernández
Saravia et le fidèle Antonio Lot - et de Monseigneur Théas, que sa femme
a fait appeler.
Le 5 novembre, refusant de participer aux obsèques
religieuses prévues par Madame Azaña – si épuisée qu’elle ne peut y assister
-, préparées à la cathédrale en présence de l’évêque, une foule de quelque
trois mille réfugiés républicains improvise des obsèques civiles, malgré
l’interdiction du préfet, en accompagnant la dépouille de l’ancien président
jusqu’au cimetière municipal de Montauban.
Ce n’est qu’en 1941 que, sur les instructions et aux frais de sa veuve,
sera installé le caveau funéraire abritant les restes de Manuel Azaña
Sources : Manuel Azaña à Montauban
Témoignage de Madame Azaña reproduit
dans : Cipriano
de RIVAS CHERIF, Retrato de un desconocido, Grijalbo, Madrid,
1980,
pp. 500-511.
Enrique de RIVAS, « Azaña à Montauban »,
dans :
Azaña et son temps, dir. par Jean-Pierre Amalric et Paul Aubert,
Casa de Velázquez, Madrid, 1993, pp. 407-437.
Enrique de RIVAS, « Dolores de Rivas Cherif et Azaña »,
dans : Manuel Azaña et la France, dir.
par Jean-Pierre Amalric, Arkheia, Montauban, 2007, pp. 105-123.
Jean-Pierre AMALRIC, « Monseigneur Théas et
les derniers jours de Manuel Azaña », dans :
Monseigneur Théas, évêque de Montauban, les Juifs,
les Justes, dir. par François Drouin et Philippe Joutard,
Privat, Toulouse, 2003, pp. 79-85.
Les Journées Manuel Azaña se dérouleront àMontauban du mercredi 21 au samedi 24 octobre 2009 au Théâtre Olympe-de-Gouges, au Collège Manuel Azaña et à l'Ancien Collège. Les Journées Manuel Azaña sont organisées par l'association "Présence de Manuel Azaña".