6EMES JOURNÉES MANUEL AZAÑA : AU RENDEZ-VOUS DE LA MÉMOIRE ET DE L'HISTOIRE

Le rendez-vous de 2011 avec Manuel Azaña a été tenu !  Du 3 au 5 novembre, les 6èmes Journées proposées par l'association « Présence de Manuel Azaña » ont réuni à Montauban un public nombreux et attentif, fidèle à la mémoire de l'ancien président de la République espagnole. Une initiative dont l'écho se fait sentir dans un large rayon, en France et jusqu'en Espagne, comme l'a souligné le Consul général d'Espagne Juan Alfonso Ortiz lors de leur inauguration.
Le point fort du programme prévu cette année avait de quoi intriguer : pourquoi « Le Mexique et la République espagnole » ? Il s'agissait d'abord de rappeler le rôle prépondérant tenu à Montauban par le représentant diplomatique envoyé en France par le président Lázaro Cárdenas afin de secourir et de protéger l'ancien chef de l'Etat espagnol dans les derniers mois de sa vie, de juillet à novembre 1940. Le chef de la Légation mexicaine, Luis I. Rodríguez, se rendit à plusieurs reprises auprès de lui, pour intercéder en sa faveur auprès du gouvernement de Vichy, puis pour assurer et prendre en charge son installation à l'hôtel du Midi, enfin pour garantir sa sécurité en déjouant les projets d'enlèvement ourdis par l'ambassadeur de l'Espagne franquiste.  C'est donc à la protection mexicaine que Manuel Azaña doit d'être mort dans son exil montalbanais, et non exécuté sommairement en Espagne comme le fut Lluis Companys, l'ancien président de la Généralité de Catalogne.
Les séances du colloque tenues à l'Espace des Augustins ont montré que la solidarité du Mexique avec la République espagnole ne se sont pas limitées à cette mission. La conférence inaugurale de l'historienne Clara E. Lida, professeur au Colegio de Mexico, a brossé un tableau fortement documenté de l'accueil du Mexique aux 20 000 à 25 000 républicains qui y trouvèrent refuge de 1939 à 1948. Les communications de Pedro Luis Angosto (université d'Alicante), de Jean-François Berdah (université de Toulouse-Le Mirail), du jeune chercheur mexicain Luis Velasco Pufleau, de Bernard Sicot (université Paris-Ouest Nanterre) ont éclairé les liens, culturels autant que politiques, noués durant la guerre civile et renforcés ensuite dans un long exil, entre les républicains espagnols et leurs soutiens mexicains, nombreux parmi les écrivains.  La projection  de deux films, inédits en France, en a illustré deux aspects : le poids existentiel de l'exil dépeint par Maria Luisa Elío dans En el balcón vacío, et la prodigieuse action du diplomate Gilberto Bosques au service des réfugiés espagnols en France dans les années 1940-1942, dans Visa al paraíso de Lillian Liberman – action à laquelle Gérard Malgat allait consacrer sa communication apportant des informations inédites. Au total, un colloque riche d'informations et d'analyses sur une dimension peu connue du destin de la République espagnole. La publication de ses actes, prévue en 2012, constituera un ouvrage de référence.
Les Journées ont aussi permis d'assister à deux spectacles marquants. Le premier a fait entendre, par la voix inspirée de Maurice Petit et les accents de l'accordéon de Céline Ribault, des pages bouleversantes de L'écriture ou la vie, le grand livre de Jorge Semprún ; disparu cette année, celui-ci  était venu à Montauban rendre hommage à « la continuité de la pensée de Manuel Azaña parmi nous ». Avec Viento del pueblo, la dernière création de Vicente Pradal, celui-ci et ses partenaires ont soulevé le public qui se pressait au Théâtre Olympe de Gouges d'un souffle musical et poétique irrésistible, inspiré par les vers brûlants du poète-berger Miguel Hernández, mort en 1942 dans les geôles de Franco.
L'hommage rendu le 5 novembre à Manuel Azaña devant sa tombe en a fait entendre l'écho, avec la lecture par François-Henri Soulié d'un de ces poèmes, en présence de nombreux assistants  et de représentants de toutes les collectivité publiques : la ville de Montauban représentée par Pierre-Antoine Lévi et Philippe Maurin, adjoints au maire, le Conseil général de Tarn-et-Garonne en la personne de son président Jean-Michel Baylet et de son vice-président José Gonzalez, et le Conseil-régional de Midi-Pyrénées que représentait sa vice-présidente Dominique Salomon. Au nom de « Présence de Manuel Azaña », Jean-Pierre Amalric pouvait remercier tous les participants à ce rassemblement, répondant au souhait formulé dans la dernière lettre de l'ancien président de la République espagnole de trouver dans son exil en France « une seconde patrie ».
C'est dans une atmosphère chaleureuse  que de nombreux participants, dont certains venus d'Espagne, se sont retrouvés en conclusion de ces Journées pour un banquet républicain animé, en se promettant de se retrouver encore plus nombreux en 2012 !

Le programme des 6es Journées Manuel Azaña à Montauban sur le thème "le Mexique et la République Espagnole"

Les 3, 4 et 5 novembre 2011

Vicente Pradal le vendredi 4 novembre 2011 à 20 h 30 au Théâtre Olympe de Gouges

Lecture Concert « L'écriture ou la vie », Jorge Semprun



Association Présence de Manuel Azaña Hôtel Mercure 12 rue Notre-Dame 82000 MONTAUBAN
07 86 84 00 50 - presencemanuelazana@laposte.net
Cliquez ici pour vous abonner à ce flux RSS