Biographie de Manuel Azaña

Manuel Azaña est né en 1880 à Alcalá de Henares, dans une famille de notables : son père était alors le maire de la ville, où sa demeure faisait face à la maison natale de Miguel de Cervantes. Après ses années de pensionnat chez les Pères Augustins à l'Escorial, ses études de droit le plongent dans l‘effervescente vie culturelle madrilène, dont l'Ateneo est alors le centre névralgique.Il en devient le secrétaire en 1913, ce qui l'amène à s'affirmer pendant la Grande Guerre comme un des chefs de file des partisans des Alliés – les aliadófilos – opposés aux « germanophiles ».
Tout en se consacrant à la réflexion et à l'écriture, son engagement politique se précise dans les années 1920.
La crise de la monarchie parlementaire, l'instauration de la Dictature de Primo de Rivera déterminent son opposition à un régime autoritaire. En 1930, il est l'artisan du pacte de Saint-Sébastien qui rassemble les divers partis de l'opposition républicaine.
Après deux années d'isolement face à des attaques venues de tous les horizons, il revient au premier plan en 1936 : après avoir contribué à la victoire du Front populaire, il se retrouve chef du gouvernement, puis est élu président de la République.
Il va avoir à assumer cette fonction pendant la guerre civile, voulant incarner la légitimité républicaine face au soulèvement militaire.
Il lance un appel à tous les Espagnols pour demander sans succès « paix, pitié, pardon ». Désespéré, il quitte l'Espagne le 4 février 1939, démissionnant peu après de la présidence. Il mène en France une vie précaire d'exilé entouré des siens, d'abord en Haute-Savoie, puis au Pyla, qu'il doit quitter en juin 1940 devant l'invasion allemande. Réfugié à Montauban, il voit sa santé empirer tandis que des émissaires de Franco cherchent à l'enlever. Sa mort à l'Hôtel du Midi, le 3 novembre, est suivie le 5 de son inhumation au cimetière de Montauban.
(Jean-Pierre Amalric)

En 1931, dès la proclamation de la IIe République, il est appelé aux plus hautes responsabilités. Chef du gouvernement, ministre de la Guerre, il promeut des réformes ambitieuses qui s'inspirent notamment des combats de la IIIe République française en matière de laïcité, d'éducation, de soumission de l'armée au pouvoir civil… Cette œuvre inachevée est compromise par la désagrégation de la coalition républicaine et son échec aux élections de 1933.